Autour de Domoni, la côte est très découpée. Seules quelques petites plages permettent d'embarquer. (Photo d'archive).
Deux morts, quatre rescapés et
une quarantaine de disparus : une fois encore la traversée d'Anjouan
vers Mayotte a fait des victimes.
C'est dans la soirée du samedi 12 avril, vers 19 heures, qu'une embarcation a quitté les côtes de Papani, au sud de Domoni, avec à son bord cinquante candidats à la migration. Les hommes, femmes et enfants qui se partageaient les places dans la vedette n'auront même pas parcouru deux cent mètres avant que celle-ci ne chavire. C'est une passagère originaire de Mwali qui aurait nagé jusqu'à la terre ferme pour annoncer le naufrage. Après trois quarts d'heure, les premiers secours -des habitants de Domoni- arrivent sur les lieux.
"On a entendu le ronflement des moteurs et une minute après c'était le silence, on a cru qu'ils avaient oublié quelque chose. Il faisait déjà noir et on a pas su que la vedette avait chaviré, mais tout à coup, on a entendu derrière nous que vite, il faut sauver les gens dans la vedette, et on a couru", raconte Kadafi, qui avait assisté au départ de son ami.
Un homme de 26 ans qui tenait dans ses mains un bébé de six mois qui n'était pas le sien, a été secouru, de même qu'un autre naufragé qui était resté dans le kwassa, et qui a sauvé la vie d'un enfant de deux ans et demi. Les secours ont aussi retrouvé le corps d'une femme d'environ 45 ans, décédée avant leur arrivée.
Au cours de cette nuit, seules ces six victimes - cinq rescapés et deux défunts- ont été repêchées. Ni les autorités, ni les pêcheur, n'ont essayé d'organiser d'autres recherches. "Vu le manque de carburant qui frappe Anjouan, on ne peut pas aller au large", a affirmé un collectif de pêcheurs.
On peut penser que la quarantaine d'autres passagers ont été emportés par le courant de Papani, l'une des plages les plus agitées de la région. On ignore s'il existe d'autres rescapés. Le lendemain du naufrage, dimanche vers 15 heures, le hasard a fait transporter un autre corps au large de Domoni, celui d'une femme âgée d'une trentaine d'années. Les deux passeurs n'ont pas été retrouvés.
Il y a tout juste une semaine, 30 autres personnes ont achevé leur route dans les coraux du lagon mahorais. Il a fallu l'intervention de la Police aux frontières (PAF) de Maore pour les transporter saines et sauves au Centre hospitalier de Mayotte (CHM).
Depuis ce samedi soir, une partie de la population de la région de Domoni commence à hausser le ton et demande que justice soit faite. Alors qu'il était communément admis que le régime de Bacar collaborait avec les réseaux de passeurs, des citoyens réclament des nouvelles autorités qu'elles se soucient de la question. "Maintenant, qu'est-ce que nos autorités vont encore nous raconter ? On savait que les brigades de gendarmerie n'étaient là que pour sécuriser les départs des kwassas et non la vie des gens. Nous voulons voir traduire ces gens devant la justice" proteste ainsi Mwe Dhoiou, notable à Domoni.
(Photo d'archive).
C'est dans la soirée du samedi 12 avril, vers 19 heures, qu'une embarcation a quitté les côtes de Papani, au sud de Domoni, avec à son bord cinquante candidats à la migration. Les hommes, femmes et enfants qui se partageaient les places dans la vedette n'auront même pas parcouru deux cent mètres avant que celle-ci ne chavire. C'est une passagère originaire de Mwali qui aurait nagé jusqu'à la terre ferme pour annoncer le naufrage. Après trois quarts d'heure, les premiers secours -des habitants de Domoni- arrivent sur les lieux.
"On a entendu le ronflement des moteurs et une minute après c'était le silence, on a cru qu'ils avaient oublié quelque chose. Il faisait déjà noir et on a pas su que la vedette avait chaviré, mais tout à coup, on a entendu derrière nous que vite, il faut sauver les gens dans la vedette, et on a couru", raconte Kadafi, qui avait assisté au départ de son ami.
Un homme de 26 ans qui tenait dans ses mains un bébé de six mois qui n'était pas le sien, a été secouru, de même qu'un autre naufragé qui était resté dans le kwassa, et qui a sauvé la vie d'un enfant de deux ans et demi. Les secours ont aussi retrouvé le corps d'une femme d'environ 45 ans, décédée avant leur arrivée.
Au cours de cette nuit, seules ces six victimes - cinq rescapés et deux défunts- ont été repêchées. Ni les autorités, ni les pêcheur, n'ont essayé d'organiser d'autres recherches. "Vu le manque de carburant qui frappe Anjouan, on ne peut pas aller au large", a affirmé un collectif de pêcheurs.
On peut penser que la quarantaine d'autres passagers ont été emportés par le courant de Papani, l'une des plages les plus agitées de la région. On ignore s'il existe d'autres rescapés. Le lendemain du naufrage, dimanche vers 15 heures, le hasard a fait transporter un autre corps au large de Domoni, celui d'une femme âgée d'une trentaine d'années. Les deux passeurs n'ont pas été retrouvés.
Il y a tout juste une semaine, 30 autres personnes ont achevé leur route dans les coraux du lagon mahorais. Il a fallu l'intervention de la Police aux frontières (PAF) de Maore pour les transporter saines et sauves au Centre hospitalier de Mayotte (CHM).
Depuis ce samedi soir, une partie de la population de la région de Domoni commence à hausser le ton et demande que justice soit faite. Alors qu'il était communément admis que le régime de Bacar collaborait avec les réseaux de passeurs, des citoyens réclament des nouvelles autorités qu'elles se soucient de la question. "Maintenant, qu'est-ce que nos autorités vont encore nous raconter ? On savait que les brigades de gendarmerie n'étaient là que pour sécuriser les départs des kwassas et non la vie des gens. Nous voulons voir traduire ces gens devant la justice" proteste ainsi Mwe Dhoiou, notable à Domoni.
VM
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