Alors que les trois premières constituent l’Union des Comores et sont indépendantes depuis le 6 juillet 1975, l’île de Mayotte se détache en revanche de ses soeurs en ceci qu’elle avait décidé à cette même période de rester dans le giron français, devenant aujourd’hui une collectivité départementale.
Malgré son statut qui tend à se rapprocher des autres départements français, l’île de Mayotte conserve ses coutumes comoriennes de manière forte, une balance entre traditions et occidentalisation qui démontre la complexité sociétale de cette île.
Alors que pendant des siècles, les ressortissants comoriens ont toujours circulé librement entre chaque île, l’entrée en vigueur du Visa Balladur en 1995 bouleversa les habitudes. Ce visa exigea que les Comoriens désireux de se rendre à Mayotte, se procurent désormais un visa d’entrée. Une fortune pour le Comorien moyen, qui doit dans un premier temps payer son voyage et son séjour à la Grande-Comore, pour espérer obtenir le précieux sésame.
C’est ainsi que les Comoriens commencèrent à se rendre à Mayotte d’une manière détournée, dans des canots vieillots et défectueux. Mais malgré les naufrages et les périls, les Comoriens continuent d’affluer à Mayotte pour un mariage, un décès, une visite ou pour espérer y vivre une vie meilleure.
Aujourd’hui, les émigrants représentent environ un tiers de la population de l’île, et la plupart sont originaires de l’île d’Anjouan (géographiquement la plus proche de Mayotte), expliquant ainsi le
racisme exacerbé envers les Anjouanais : manifestations «
anti-Anjouanais », dénonciations, chasses à l’homme, expulsions de
femmes enceintes, font partie du triste quotidien. Cette xénophobie
atteignit son paroxysme le 27 octobre 2003 lorsque le maire du village
d’Hamouro ordonna l’incendie d’habitations anjouanaises.
Cette
situation reste néanmoins un casse-tête pour la survie de l’île puisque
ces mêmes émigrants font tourner l’économie de Mayotte, une économie
certes souterraine, mais qui reste extrêmement importante. Par
conséquent, chasser tous les « clandestins » du jour au lendemain
reviendrait à paralyser la vie économique de l’île.
Aujourd’hui,
bien que les Anjouanais et Comoriens en général continuent de risquer
leur vie au cours de cette traversée, on ne dénombre pas moins de 4500 morts en environ douze ans. Hommes, femmes, enfants et nourrissons périssent
chaque jour dans le bars de mer Anjouan-Mayotte, considéré comme le
plus grand cimetière marin au monde.
Désormais première cause de
mortalité au sein de l’archipel des Comores, c’est une situation
horrible qu’il faut impérativement prendre en charge afin de stopper
l’hémorragie.
Dimanche 23 mars 2008
Malgré son statut qui tend à se rapprocher des autres départements français, l’île de Mayotte conserve ses coutumes comoriennes de manière forte, une balance entre traditions et occidentalisation qui démontre la complexité sociétale de cette île.
Alors que pendant des siècles, les ressortissants comoriens ont toujours circulé librement entre chaque île, l’entrée en vigueur du Visa Balladur en 1995 bouleversa les habitudes. Ce visa exigea que les Comoriens désireux de se rendre à Mayotte, se procurent désormais un visa d’entrée. Une fortune pour le Comorien moyen, qui doit dans un premier temps payer son voyage et son séjour à la Grande-Comore, pour espérer obtenir le précieux sésame.
C’est ainsi que les Comoriens commencèrent à se rendre à Mayotte d’une manière détournée, dans des canots vieillots et défectueux. Mais malgré les naufrages et les périls, les Comoriens continuent d’affluer à Mayotte pour un mariage, un décès, une visite ou pour espérer y vivre une vie meilleure.
Cette situation reste néanmoins un casse-tête pour la survie de l’île puisque ces mêmes émigrants font tourner l’économie de Mayotte, une économie certes souterraine, mais qui reste extrêmement importante. Par conséquent, chasser tous les « clandestins » du jour au lendemain reviendrait à paralyser la vie économique de l’île.
Désormais première cause de mortalité au sein de l’archipel des Comores, c’est une situation horrible qu’il faut impérativement prendre en charge afin de stopper l’hémorragie.
Nissia Maturaf
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